mardi 22 mai 2012

Léonardo, mon héros...

J'ai toujours eu un faible pour les super-héros. 
Peloton de tête du panthéon ? Spiderman, Wonder Woman, Captain America.


Un podium prestigieux, vous en conviendrez, auquel je serais bien tentée d'ajouter Leonardo.
Da Vinci, celui de la Joconde, pas la Tortue ninja.



Léonard, mon héros... ça vous fait sourire ? Parce-qu'il n'a ni collant, ni cape ? Je m'y attendais. Dont acte, voici une démonstration qui ne pourra que vous convaincre, foi d'ARTefact !

Selon wikipedia, un super-héros se doit de posséder au moins deux des caractéristiques suivantes :
- Des capacités extraordinaires, communément appelées "super-pouvoirs"
- Un équipement lui permettant de rivaliser avec des êtres dotés de super-pouvoirs et d'accomplir des exploits a priori surhumains, quand bien même il ne possèderait pas de véritables super-pouvoirs.
- Une double-identité : celle d'une personne normale et celle, secrète, de super-héros.
- Le port, dans le cadre de ses aventures, d'un costume distinctif qu'il abandonne quand il reprend ses activités d'individu ordinaire.

Bien entendu, Léonard remplit TOUTES les conditions, mais comme j'ai promis une démonstration, je développe.

Les capacités extraordinaires, Léo les a. Bon, je vous le concède, il serait déplacé de qualifier de "super-pouvoirs" sa prodigieuse habileté ou son imagination carrément avant-gardiste pour le XVè siècle, MAIS... le sfumato des brumes lointaines, le sourire mystérieux des madones, la douceur des tracés exercent indéniablement une magie égale, voire supérieure, au plus éblouissant des super-pouvoirs, non ?

Ce que confirme d'ailleurs le deuxième point en précisant qu'il n'est pas nécessaire de posséder de VÉRITABLE super-pouvoir pour rivaliser avec d'autres super-héros. Or, qui mieux que Léonard - un homme dont Giorgio Vasari lui-même a écrit que "sa prodigieuse habileté le faisait triompher facilement des plus grandes difficultés. Sa force, son adresse, son courage avaient quelque-chose de vraiment royal et magnanime; et sa renommée, éclatante pendant sa vie, s'accrut encore après sa mort" - pourrait prendre la pole position de ce classement ? Personne.
Léo, c'est du super-héros puissance dix.


Quant à la double identité, là encore on a tout bon. Sauf pour les esprits désespérément cloisonnés qui refuseraient d'apparenter double identité à mystère. Mais ceux-là ont de toute façon arrêté de me lire depuis au moins deux paragraphes... on est entre nous, tranquilles. Alors, combien de pages noircies sur l'énigmatique sourire de la Joconde ? Combien d'hypothèses échafaudées sur l'identité du personnage assis à la droite du Christ dans la Cène ? Et sur la paternité de la jumelle de Mona Lisa conservée à Madrid ?


Enfin, à la question subsidiaire de savoir s'il faut se balader en collant et en cape pour être un super-héros, je dis "non, bien sûr que non !"

Voilà. Quod erat demonstrandum.

Et si j'osais, j'ajouterais même à l'article de wikipedia un dernier critère, essentiel, pour accéder au statut de super-héros et que Léonard a largement optimisé : la passion. Pour la connaissance, pour la perfection, pour le soin apporté aux détails, pour la patience de s'améliorer sans cesse. 
La passion comme super-pouvoir absolu.
Preuve en est la superbe Sainte Anne, ultime chef-d’œuvre (inachevé) de Léonard auquel le Louvre consacre une exposition en ce moment, et qui a occupé l'artiste pendant près de 20 ans.
Vous imaginez ? 20 ans ? A notre époque de fast-life 2.0 ? Une telle persévérance, ça me mystifie...


"Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités" dit toujours Spiderman. Pas mal, certes, mais que dites-vous de Léonard lorsqu'il assène : "Le mal est notre ennemi. Mais ne serait-il pas pire qu'il fût notre ami ?" 
Il peut retourner dans sa toile l'homme-araignée, hein ? Même dans la joute verbale, Léo reste le super-héros suprême.

L'ARTefact.

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